
Je vous propose de...
• Rédiger éditos ou points de vue pour vos supports interne ou externe ou pour la presse.
• Rédiger discours et prises de parole.
Exemple 1
Une journée sans ma laisse
Matin. Trop tôt. Auto. Au trot. En route pour un rendez-
C’est la panique. Douze ans que je vis avec mon portable. Nous faisons tout ensemble.
Je lui parle dans le creux de l’oreille, il me répond mille fois à mille voix. Il
m’appelle, je me précipite. Il tremble parfois comme une feuille, par à-
Alors pensez ! le quitter une journée complète ! L’angoisse m’envahit. Si quelqu’un cherchait à me joindre, si j’avais un problème sur la route ? Si et si et si ?
J’angoisse. Mais surtout je me fais peur. Je ne pensais pas être devenu ça. Quelqu’un qui pleure la laisse, rechigne à la pure liberté.
Après le rendez-
Seul vrai problème de la journée : je n’ai pu appeler ma chère épouse pour lui raconter ma guérison ! Rageant.
Exemple 2
Jamais sans ma flamme
Dur d’être un homme. On ressent un intense amour pour son épouse. Mais les mots mettent
parfois du temps à passer du cœur aux lèvres. Ainsi sommes-
Ce sont les vacances de Pâques. Ma femme est partie avec les enfants pendant que je travaille ici.
Deux jours déjà et tu me manques tant. Je pense à toi qui es l’âme de notre maison. Je vois le salon et je souris en pensant à la tête que tu ferais : les prospectus de pub traînent en vrac sur le canapé, une serviette de bain gît mouillée sur une chaise, le rangement des petits déjeuners successifs n’est pas fait, pas plus que notre lit…
Tu vois, je suis une vraie catastrophe sans toi. Et notre intérieur domestique illustre ce que, loin de toi, ma vie et mon cœur sont : diminués. La lampe sans l’huile, la cheminée sans le feu.
Alors ce soir, tout homme et gauche que je suis, les mots d’amour montent en moi. Après demain, quand tu rentreras, quand je te serrerai dans mes bras, les mots iront vite, ils seront forts, ils seront chauds. Parce que oui, je te le dis, le glisse à ton oreille, le livre à ton cœur, tu es vraiment… la flamme de ma vie !
PS : Rassure-
Exemple 3
Le printemps des autres
J’arrive à la caisse, deux enfants dans les bras. Huit personnes, une seule caissière. Génial ! Je prends mon mal en patience, me met au point mort et regarde les clients passer un à un. Et là, stupeur : le petit monsieur qui a sans doute attendu un quart d’heure n’a même pas sorti son portefeuille ni préparé son billet.
Trois minutes plus tard, la cliente suivante papote basket avec la caissière : force détails sur le match des minimes samedi prochain au stade municipal !
Après six minutes perdues, c’est le tour d’une jeune femme qui, au moment de régler,
se demande dans quel recoin de son sac elle a pu cacher son chéquier. Nous avons
tout notre temps bien sûr, n’est-
Je sens que je m’énerve : tous ces gens ont pourtant attendu, peiné debout et chargés. Quand vient enfin leur délivrance, ils n’ont pas même une pensée pour ceux qui derrière patientent longuement. C’est le printemps pour moi, oublié l’hiver des autres !
Dans la vie, nous sommes souvent comme cela. La vie nous fait des vagues, nous apporte des peines ; nous traversons des bourrasques et des dépressions ; nous connaissons le désespoir et la longue attente ; nous espérons aide et main secourable.
Mais souvent, quand le soleil est revenu, l’équilibre personnel, conjugal ou familial
enfin retrouvé, nous oublions tout : la compassion qui tempéra la souffrance, l’attention
qui hâta la guérison. Nos cœurs fiers de bien-
Le printemps est là, n’oublions pas les automnes ni les hivers. Ni les nôtres, ni ceux des autres.
Exemple 5
Du pain encore longtemps ?
Cette année, je l’ai encore aimé cette période de moissons !
« Vite, il est mûr le blé. C’est maintenant, avant les pluies ! » Nos campagnes sont
dans l’effervescence, activité intense. Dans les champs dorés, les agriculteurs sont
aux commandes. La moissonneuse-
Ce soir encore, ils se coucheront tard. À la nuit tombante, nous entendrons au loin les machines continuer leur balai d’été. Et demain, à 25 km/h, nous suivrons un convoi de tracteurs et lourdes bennes en route pour le silo. C’est ça, la moisson des travailleurs…
Ô noblesse des paysans ! Ils répondent au premier besoin de l’homme, permettent aux habitants des villes et salariés des tours la chose la plus essentielle : que demain soit possible parce qu’on a encore pu pétrir du pain !
Grâce à eux, je suis en vie, je nourris ma famille… et pourtant certains d’entre
eux crèvent de faim. Est-
Notre société de l’air climatisé, du bitume et des écrans doit d’urgence s’intéresser à ses nourrisseurs, à leur patient labeur, à leur juste rémunération. Sinon, bientôt, nous n’entendrons plus l’heureux ronronnement des machines dans la chaleur d’un soir d’été.
Et surtout, nous crierons famine.
Exemple 4
Parcelles d’éternité
A longueur d’année, je fais des choses utiles. Utiles les stratégies marketing, utile
le suivi de clientèle, utile la formation des gens, utile le rapport d’activité,
utiles les interventions sur le terrain. Travailler, ce n’est pas gratuit… Alors,
évidemment, quand je sais qu’une action est vouée à l’échec, qu’elle est stérile
et sans lendemain, je ne la fais pas. Ne serais-
Août, la plage, le sable, les pelles et les râteaux. « Papa, un château ! » Me voilà bâtisseur de forts. Forts faibles au demeurant, forts éphémères, forts morts devant la vague…
Dès la première pelletée, je suis certain que la marée va détruire mon après-
Je ne me reconnais pas… Nous sommes habituellement les champions de la performance, des choses impérativement utiles. Et tout à coup, un château de sable vient nous apprendre que ce ne sont pas les choses que nous faisons les plus importantes mais l’amour que nous mettons à les faire.
Château fort de plage, tu as déjà complètement disparu sous les flots mais la trace que tu laisses est indélébile. Tes tours, tes remparts et tes douves ont manifesté ce qui est, pour toujours, la première merveille du monde et de l’univers, infiniment durable : l’amour.
Mes enfants chéris, nous avons aujourd’hui construit l’éternité. Bonne nuit d’été.
Exemple 6
Je ne peux plus…
Je ne t’aime plus comme au premier jour. Le temps est passé par là. Les jours, les
mois et les années ont fait leur œuvre. Les matins, les midis, les soirs à se voir.
Les lundis, mardis, jeudis, dimanches et re-
Que veux-
Depuis toutes ces années, nous avons discuté, discuté, et ton intelligence, je l’ai de plus en plus appréciée.
A vivre avec toi, je t’ai découverte et j’ai aimé vivre avec toi. J’aime vivre avec toi.
Je me retourne vers le passé et je vois que je t’aimais peu au premier jour. Moins qu’au centième, moins qu’au millième, moins qu’aujourd’hui même.
Mon cœur amoureux s’est transformé en cœur d’amoureux ; l’attirance en sentiment profond, l’aurore en plein midi, trois premières notes en symphonie.
Voilà, voilà… c’est dit. Tu comprends maintenant, tu comprends que je ne puisse plus t’aimer comme au premier jour.
Avec Bertrand Lethu
Les Journalismes soient avec vous !

